L'édito " Face au changement climatique : L’Agriculture de solutions "

 

 

Edito par Xavier Beulin, Président de la FNSEA Guy Vasseur, Président de l’APCA Philippe Mangin, Président de Coop de France Thomas Diemer, Président de JA

La conférence internationale sur le climat (COP 21) qui se tiendra en France en décembre 2015 sera un moment important. Elle vise en effet à aboutir à un nouvel accord global sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Les agriculteurs et les forestiers sont mobilisés sur la question du climat depuis de nombreuses années. L’agriculture et la forêt sont directement et sévèrement impactées par le changement climatique (sécheresses, inondations, modification des calendriers culturaux). Pour les acteurs de terrain, le changement climatique n’est pas un « concept théorique », il fait partie de leur quotidien. L’agriculture, garante de la sécurité alimentaire, innove et recherche en permanence des mesures d’adaptation qui lui permettront demain de maintenir et développer durablement ses activités, au service des populations. Activités du vivant, l’agriculture et la forêt, contribuent de manière spécifique à la diminution de l’impact sur l’effet de serre. Elles y jouent un rôle majeur à travers leur capacité unique de stockage de carbone dans la biomasse et dans les sols. Dans la lutte contre l’effet de serre, les agriculteurs et les agricultrices ne sont pas restés « les bras croisés » ! En France, les émissions du secteur agricole ont déjà baissé de 12% depuis 22 ans alors même que la production a considérablement augmenté pendant cette période. De nombreuses innovations permettront de poursuivre l’accroissement des marges de manœuvres dans ce secteur. La génétique, l’alimentation animale, la valorisation des engrais organiques et des co-produits, l’optimisation des apports azotés, l’utilisation d’outils d’aide à la décision, la réintroduction de haies et l’agro-foresterie, la mobilisation du bois, l’évolution des pratiques agronomiques, sont autant de voies d’amélioration tout en conservant le potentiel de production agricole. Les agriculteurs sont investis dans le domaine des énergies renouvelables. Aujourd’hui, une véritable économie circulaire se développe notamment par la valorisation des effluents d’élevage et des coproduits par la méthanisation, mais également dans la chimie du végétal. C’est un enjeu majeur de la transition énergétique dans les territoires. Le développement des énergies renouvelables passera nécessairement par une mobilisation accrue de la biomasse forestière et agricole. Pour être durable, celle-ci devra s’inscrire dans des filières territorialisées, favorisant le partage de valeur et la préservation des ressources, en particulier la fertilité des sols. L’agriculture est une des solutions pour permettre de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles d’une part, et atténuer le réchauffement climatique par la baisse des émissions de gaz à effet de serre d’autre part. 

Les négociations internationales portant sur la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC), la future législation européenne sur le climat et l’énergie, et la future stratégie nationale bas-carbone française, devront tenir compte des « pas de temps » technologiques nécessaires pour permettre aux grands secteurs de diminuer leurs émissions. L’agriculture ambitionne de participer à l’effort de maîtrise de ses émissions de gaz à effet de serre tout en soulignant cependant la nécessité de mieux comptabiliser ses gains effectifs, et limiter les incertitudes dans les méthodes d’inventaires. Ce recueil des partenaires agricoles pour la COP 21 se veut un outil de partage d’expériences innovantes et de dialogue avec la société civile, les institutions, et l’ensemble des acteurs œuvrant dans le domaine du climat. Il veut donner la parole aux acteurs des territoires ruraux, chambres d’agriculture, coopératives, syndicats agricoles investis dans les actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, dans le développement des énergies renouvelables et des filières innovantes de la bioéconomie. Nous tenons à remercier l’ensemble des organisations agricoles réunies au sein du Conseil de l’Agriculture Française, les instituts techniques agricoles, et les nombreux partenaires du monde rural, pour leur contribution à ce recueil et leur investissement en faveur d’une agriculture conciliant performance économique, sociale, environnementale et territoriale. Par la diversité de ces exemples, nous témoignons collectivement de notre engagement en faveur d’une agriculture proactive face au changement climatique pour préserver sa capacité de production, et d’une agriculture de solutions, pour la transition énergétique dans les territoires.