COP21 : LES CÉRÉALES, UN ATOUT POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET LE CLIMAT

 

A l’inverse des activités industrielles, les grandes cultures captent du CO2, bien plus même qu’elles n’en émettent et plus, encore, quand le rendement augmente. Une réalité qui impose de ne pas s’arrêter aux gaz à effet de serre générés pour cultiver

 

En tant que « pompe à carbone » captant le dioxyde de carbone de l'air pour le transformer notamment en denrées, les grandes cultures sont stratégiques pour répondre au défi du  changement climatique comme à celui de la sécurité alimentaire.

Plus précisément, les calculs d’ORAMA indiquent qu’en France, les 14 millions d’ha de grandes cultures pompent annuellement dans l’atmosphère 290 millions de tonnes d’équivalent CO2 (Mteq CO2). C’est bien plus que les 40 Mteq CO2 émises du fait de la fertilisation, de la consommation de carburants et, indirectement, de la fabrication des produits et matériels utilisés par les exploitants. Et le solde de 250 Mteq CO2 , après déduction de ces émissions, représente pratiquement le double de ce que pompent nos forêts.

Rendement plus élevé = pompe plus efficace

Le captage de CO2 par les grandes cultures mérite d’autant plus d’attention que le fonctionnement de la pompe influence directement le stockage durable du carbone dans le sol en le renouvelant continuellement, voire en l’amplifiant (effet « puits de carbone »). 7% de ce tonnage sont en effet restitués au sol via les résidus de cultures et le système racinaire. Donc, plus le rendement augmente, plus la pompe est efficace. Ainsi, un ha de blé produisant 77 q - rendement moyen français des deux dernières récoltes- absorbe 21 teq CO2., alors qu’en produisant 29,9 q, rendement moyen national en bio, il absorbe  8,1 teq CO2. Précision : les émissions de CO2  dans le premier cas ne sont que de 2,3 teq COsupérieures à leur montant dans le second.

Une assimilation  indue

Il est incompréhensible que la méthode de calcul des Nations-Unies* en matière de gaz à effet de serre ignore ce rôle de pompe joué par les grandes cultures et ne s’intéresse qu’à leurs émissions, les assimilant purement et simplement à une activité industrielle.

Certes, il faut toujours rechercher plus d’efficience dans la fertilisation et, par exemple, introduire des légumineuses dans les rotations est un gage de réduction des émissions (2 teq CO2/ha). Mais l’essentiel, face aux menaces du réchauffement climatique et à la croissance des besoins alimentaires, c’est de prendre en compte le caractère de pompe à carbone de notre secteur et, en conséquence, de rechercher la maximisation de son efficacité en faisant tout pour que les exploitants puissent Produire plus, Produire mieux.

*Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1992)